12/02/2009

Vienne 1900

La sécession Viennoise : exposition au grand Palais du 3 Octobre au 23 janvier 2006

Les  4 peintres de l'exposition

 

Gustav Klimt (1862- 1918)

 KL Adam et eve 1917

Né à Vienne où il suit les cours de l’école des Arts appliqués, Klimt collabore bientôt à la décoration de plusieurs bâtiments prestigieux comme le théâtre de Karlsbad, le burgtheater de Vienne, le Kunsthistorisches Museum de Vienne, pour lequel il réalise un cycle de fresques et, en 1893, à Vienne encore, la salle des fêtes de l’université dont il conçoit le décor. Cette dernière réalisation est accompagnée de vifs débats : on reproche à l’artiste le symbolisme de son oeuvre et il est interpellé à la Chambre pour justifier ses choix esthétiques. Quatre ans plus tard, il participe à la fondation de la Sécession. Il réalise un grand nombre d’affiches d’expositions et illustrations pour la revue du groupe, Ver Sacrum. Klimt connaît la gloire de son vivant, et même une gloire internationale, qui lui vaut la reconnaissance à Paris, à Dresde, à Berlin, en Italie ; en 1917, il est nommé membre honoraire des Académies des Beaux-Arts de Vienne et de Munich.

Sc Autoportrait aux alkékenges 1912

Egon Schiele (1890-1918)

Schiele fait ses études à l’Académie des Beaux-Arts de Vienne et est très vite remarqué par Klimt, de 28 ans son aîné, dont il fait un temps figure de disciple. D’abord tourné vers la peinture de paysage et de portrait, Schiele s’intéresse à l’allégorie à partir de 1910. Mais contrairement à Klimt, il ne s’intéresse pas aux sujets mythologiques ou religieux. L’amour et la mort sont représentés directement, brutalement même, avec une très grande force expressive. De même, alors que l’espace est saturé chez Klimt, il se vide chez Schiele, jusqu’à n’être plus qu’une surface neutre, souvent blanche. Abandonnant rapidement les lignes fluides de la Sécession pour un trait coupant, Schiele s’oriente vers l’expressionnisme. La Sécession organise une rétrospective de son œuvre à la vielle de sa mort, en 1918. Cette année- là, le peintre meurt prématurément de la grande épidémie de grippe espagnole qui frappe alors toute l’Europe.

 

Koloman Moser (1868-1918)

Mo Portrait d'Anna Bahr-Mildenburg 1913 

Moser étudie d’abord à l’Académie des Beaux-Arts de Vienne avant de rejoindre l’Ecole des Arts appliqués où il rejoint Klimt. Créateur de modèles pour des meubles, des tissus, des vitraux et des affiches, il délaisse peu à peu les arts décoratifs au profit de la peinture. A partir de 1913, ses œuvres témoignent d’un intérêt croissant pour l’allégorie. Portement influencé par l’art du peintre suisse Ferdinand Hodler (1853-1918), il privilégie la répétition des formes, les compositions géométriques et la représentation frontale des figures, en mettant l’accent sur l’exaltation de la couleur.


Oskar Kokoschka (1886-1980)

 Ko Double portrait 1912

Comme Gustav Klimt, Oskar Kokoschka se forme à l’Ecole des Arts décoratifs de Vienne et c’est au maître déjà reconnu de la Sécession qu’il dédicace ses premières lithogravures. Mais

dès 1910, Kokoschka substitue au style linéaire et décoratif de la Sécession viennoise des compositions à l’expressionnisme exacerbé, servi par des empâtements et des coups de pinceau très visibles, et par des très violents contrastes de couleurs.

 

Vienne autour de 1900: capitale de l’empire austro-hongrois

 

Au tournant du 19° et 20° siècles, Vienne est une capitale d’une débordante activité culturelle. Entre 1880 et 1910, sa population passe de un à plus de deux millions d’habitants. Dans la ville où affluent les ressortissants de l’empire, on parle l’allemand, le tchèque, le roumain, mais aussi l’italien, le slovaque, le slovène, le polonais…Plus de 50 journaux différents y paraissent chaque jour.

Enserrée dans ses remparts, le vieille ville étouffe et ne permet pas d’absorber un tel accroissement de le population : en 1863, on  annexe à la cité ses anciens faubourgs et l’on déduit ses remparts pour construire un large boulevard circulaire, le Ring . On y concentre les grands édifices publics – l’hôtel de ville, le parlement, l’université, l’opéra, le théâtre, les musées –mais aussi les somptueuses demeures de noblesse et de la bourgeoisie locales. Si le décor urbain de la ville connaît ainsi la plus grande transformation de son histoire, son architecture reste profondément ancrée dans la tradition classique avec les motifs empruntés

À l’antiquité grecque, à l’époque gotique et à celle de la Renaissance. Un bâtiment du Ring annonce cependant l’avènement d’un style nouveau : le palais de la Sécession, construite par Josef Maria Olbrich en 1897-1898 grâce à un don de l’industriel Karl Wittgenstein, le père du philosophe.

 

La Sécession viennoise

 

En 1897 naît à Vienne une association d’artistes qui prend le nom de Sécession déjà utilisé à Munich cinq ans plus tôt ; en Allemagne comme en Autriche il s’agit pour les Sécessionnistes de se libérer du carcan de l’enseignement académique et de proposer librement de nouvelles formes artistiques. A Vienne , les fondateurs du mouvement sont deux architectes : l’auteur du palais de la Sécession précisément, Josef Maria Olbrich, et Josef Hoffmann, qui contribuera à la décoration du hall du bâtiment et sera, avec Koloman Moser, l’un des créateurs de l’atelier viennois. Gustav Klimt est nommé président de l’association l’année suivante, en 1898. Dans le palais de la Sécession, celle-ce organise un grand nombre  d’expositions consacrées à l’art moderne européen : y sont notamment présentées des peintures de Vincent Van Gogh, Paul Gauguin, Giovanni Segantini, Ferdinand Hodier et Puvis de Chavannes, les sculptures de Max Klinger, Auguste Rodin et George Minne. La scénographie des expositions y fait l’objet d’un soin particulier, grâce à l’un des artistes les plus en vue ) Vienne autour de 1900 : Koloman Moser. Par sa formation à l’école de Arts appliquées de Vienne, où il rencontre Klimt, par la diversité de ses centres d’intérêt-le design, la mode, le décor de théâtre, le dessin, la peinture-, Moser incarne parfaitement l’une des idées-forces de la Sécession, celle de œuvre d’art totale à laquelle concourraient tous les arts. Pourtant, les Sécessionnistes n’ont pas dans leurs visées la volonté d’accomplir une quelconque picturale, ils ne veulent aucunement rompre avec le passé comme le fera le mouvement Dada quelques années plus tard. Aussi bien retrouve-t-on dans leur production les genres traditionnels de peinture : l’histoire, le paysage, le portrait. Suivi  dans le parcours par des dessins.

 

 L’intérêt de l’exposition est de donner une idée véritable de l’étonnante richesse picturale, avec sa diversité et ses contradictions, d’une époque très précise et relativement courte. A savoir entre 1890, date du premier tableau de Klimt présenté ici, et 1918, année de la mort de Klimt, de Schiele et de Moser. Avec 91 tableaux et 55 dessins , l’exposition dresse un panorama très complet de cette véritable révolution du langage pictural dont la Sécession viennoise (né en 1897), fut le creuset.  Les tableaux sont regroupés en trois sections « histoires », « paysages » et « figures ».

 

 

La section « paysages » (29 tableaux : 10 Klimt, 6 Moser, 13 Schiele) montre de même qu’à partir de motifs assez conventionnels, la représentation d’une nature très stylisée et refusant la perspective classique, conduit à une forme souvent proche de l’abstraction.

 

Gustav Klimt joue un rôle important dans le renouveau de l’art, c’est un homme au talent exceptionnel ; Tous les paysages sont des tableaux peint pour le plaisir (cela représente environ un quart de sa production), et pas sur commande. Il les peint dans son atelier d’après des esquisses pris dans la nature.

 Kl Eglise à unterach sur l'Attersee 1916

 

Le paysage a l’air moins réel, la peinture s’orient vers les deux dimensions ; délimiter par zones, l’espace est réorganisé, le réel devient moins important ; nous voyons une masse, qui va à l’encontre de toute perspective, nous avons pas de personnages, et pas de stylisation

18:26 Écrit par Nic dans art | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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