06/02/2009

Matisse suite 5

Odalisque jouant aux dames, 1928, h/t, 54 x 65, Stockholm, Moderne Musset

 

odalisques jouant aux dames

Femmes lascives jouant au dames, mais le jeu se trouve en équilibre précaire, dans un plan de perspective à la Cézanne.

 

 

 

 

 

 

 

A partir de 1930, on a une autre période

 

rose

 Nu rose, 1935, h/t, 66 x 92, Baltimore

 De ce tableau, il a fait 22 états successifs entre mai et octobre 1935. 

Ceci est l’état final. Très épuré, simplifié, déformé, étiré et cerné

Tout est plat, sans ombre.

C’est un grand travail de renoncement.

Son ancien modèle Lydia a raconté qu’à la fin de chaque journée, elle devait effacer une part de son travail du jour. Il est parti d’un modèle ressemblant avec de la perspective pour déformer le corps, effacer la perspective pour obtenir quelque chose de plat.

 

 

Henri_Matisse__Liseuse_sur_fond_noir,_1939_

  

La liseuse sur fond noir, 1939, h/t, 92 x 73, MNAM

 

C’est osé d’utiliser le noir. La peinture n’est pas en trois dimensions, contrairement à la photo

Matisse avait besoin d’un modèle pour peindre, contrairement à Picasso.

Il y a une opposition entre les lignes horizontales et verticales et les rondeurs du bouquet.

Les murs de l’atelier de Matisse n’étaient pas noirs, mais clairs, il a donc inventé cet élément particulier. Le fond noir est régulateur de lumière pour Matisse. Elle est réductrice de profondeur.

Il s’inspire du noir de Manet et du noir (encre) des estampes japonaises.

 

La liseuse sur fond noir, photo de Brassaï

 

La blouse roumaine, 1940, h/t, 92 x 73, MNAM

 blouse roumaine

Là encore, il a fait une vingtaine d’études préparatoires, pour arriver à ce résultat. Il a fait photographier les étapes pour pouvoir se rendre compte s’il avançait dans le travail du sentiment.

Quand on compare les différentes étapes on remarque que la tête est devenue plus schématique, plus ovoïde et coupée vers le haut.

Les manches de la blouse ont pris de l’ampleur, et il reste beaucoup de blanc à côté du motif décoratif de la blouse.

Son travail est une réflexion assez lente.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

22:42 Écrit par Nic dans art | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Matisse suite 4

Odalisque à culotte grise, 1925 

 

Aspect très décoratif, avec des drapés et des tissus. Tout semble riche et luxueux.

Spectacle décoratif, corps détendu, volupté

Influences arabo-islamiques (surtout des miniatures persanes)

odalisque culotte griseIl y a peu de perspective, tout est bouché par des tissus.

Il collectionnait des tissus, qu’il utilisait pour créer une mise en scène autour du modèle, et pour recréer l’ambiance du harem dans son atelier

 

 

figure décorativeFigure décorative sur fond ornemental, 1925, h/t, 131 x 98, Paris, MNAM

 

La femme est assise dans un décor très chargé.

Elle a un tout petit visage, son cops est déformé avec un flanc déformé et une jambe monumentale à l’avant.

Là encore on voit l’influence de l’art oriental.

 

Matisse et son modèle à l’atelier, Photo de Cartier –Bresson, 1928

cartier bresson_matisse

 

 

 

 

 

 

 

 

21:27 Écrit par Nic dans art | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Matisse suite 3

L’algérienne, 1909, h/t, 81 x 65, MNAM

 

Plus anguleux.

Matisse avait commencé à voyager en Afrique du Nord dans les années 1908,1909, 1910, entre autre au Maroc

Il y a l’influence de l’expressionnisme allemand, pour les côtés plus durs, plus hachés, plus rudes. (Il avait été à Berlin et à Munich en 1909). Et l’influence d’Afrique par les draperies à l’arrière-plan.

 

La danse, 1910, 260 x 391, Saint-Pétersbourg, Musée de l’Ermitage

La musique, 1910, 260 x 391

Ces deux tableaux font partie d’une commande pour un mécène russe, pour décorer son hôtel particulier à Moscou.

Les personnages sont réduits à l’extrême, les corps sont massifs, schématisés.

danse2

musique

La danse représente 5 nus féminins, la musique 5 nus masculins.

La danse est toute en harmonie, tout en rondeur avec du rythme qui se dégage.

La musique est très statique, les corps représentent les notes sur une portée.

Il travaille d’une façon simplifie : le ciel est azure, les corps roses et la colline verte.

Il y a de la sérénité dans la simplification qui correspond à une vision intérieure.

Les deux tableaux ont été exposés à Paris avant de partir pour Moscou.

Les critiques furent tellement virulents que le commanditaire hésita à accepter les œuvres.

 

Entre 1908 et 1917 : C’est la période de la simplification, de l’essentiel et de l’austérité.

 

Période niçoise : les odalisques entre 1918 et 1930

 

21:00 Écrit par Nic dans art | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Fauvisme suite2

matisse_Mme_1905_

Portrait de Madame Matisse à raie verte, h/t, 40 x 32, Copenhague, 1905

Trait large, une ligne verte partage le visage en deux.

Exaltation de couleur, pourtant l’ambiance est calme

 

La fenêtre ouverte, Collioure, 1905, New York, collection privée

 fenêtre ouverte

Encore un thème récurrent chez Matisse ;

On n’a pas de sensation de profondeur, on se demande si on a vue sur la mer ou si on se trouve devant un tableau.

La vue sur le port de Collioure est empâtée.

La desserte rouge, 1908, Saint-Pétersbourg, Musée de l’Ermitage

 medium_matisse-desserterouge_1908__2

Ici c’est déjà la fin du fauvisme. Manque de relief, de profondeur.

Plus décoratif, ornemental.

L'ouverture sur l’extérieure semble bouchée (est-ce un tableau ou une fenêtre ?)

Dominante rouge, récurrente chez lui. (Approche esthétique de ce tableau premier cours du mois de septembre)

 l'algérienne

L’algérienne, 1909, h/t, 81 x 65, MNAM

 

 

 

17:49 Écrit par Nic dans art | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

fauvisme suite

Titré basé sur le poème de Baudelaire : L'invitation au voyage (Les fleurs du Mal), 1857

En 1904, il passe l’été à Saint-Tropez avec Signac.

Nous voyons clairement l’influence du pointillisme ici. Encore que le point n’est pas régulier, pas rond, mais plutôt comme une virgule. Des lignes et des traits cernent les arbres…

Sa touche a quand même changé, et il y a une évolution  marquante dans la couleur de sa palette (plus claire, la lumière du Sud).

Il a été sensible à l’apport du néo-impressionnisme.

Ce tableau pré-fauve a été montré au Salon d’Automne en 1905.

Le thème des baigneuses sur la plage, fait référence à Cézanne.

Ce tableau a été acheté immédiatement par Signac. 

Le bonheur de vivre, 1905-06, h/t, 174 x 238, Pennsylvanie matisse bonheur de vivre

C’est une œuvre majeure de Matisse. Le fauvisme est né

Lieu : Collioure où Matisse passe l’été 1905 avec André Derain et Maurice De Vlaminck.

Cet été là, le fauvisme est né à Collioure.

La technique est radicalement différente, avec des aplats de couleur.

On retrouve une synthèse de l’influence de Cézanne (les baigneurs), de Signac (les couleurs) et de Gauguin (les cernes)

Le regard sur le travail des autres est stimulant, on trouve des réponses au travail des autres.

Retour à l’utilisation de la ligne, aux aplats de couleurs, aux cernes, qui sont presque des ombres à certains endroits.

La nature est très idéalisée.

Les feuillages des arbres forment une trouée vers la mer (Cézanne)

Des lignes forment des arabesques  qui courent de corps en corps, d’arbre en arbre…

A l’arrière, il y a une ronde, prélude à La Danse de 1910.

Les couleurs, à dominances rouge et jaune intense correspondent aux notions de plaisir.

Notons encore le très grand format (174 x 238)

 

 

 

 


12:52 Écrit par Nic dans art | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/02/2009

Le fauvisme

Le Fauvisme 1905-1908 : Henri Matisse (1869-1954)

Le fauvisme est le premier grand mouvement du 20° siècle  (1905-08)Caractéristiques : Une débauche de couleurs.Matisse est considéré comme le chef de file de ce mouvement avec Derain, De Vlaminck, Van Dongen,…C’est une réaction naturelle à l’impressionnisme qui a délaissé les formes, et au petit point du néo-impressionnisme

 La femme au chapeau, 1905, h/t, 81 x 65, San Francisco

 femme au chapeau

Caractéristiques : Bien coloré, grand chapeau, pose classique.Extrême liberté dans l’emploi des couleurs.

Impulsion : étaler des couleurs franches, pures, criardes

A l’époque, il y eu un choc : les couleurs sont arbitraires, non-conformes à la réalité : des cheveux orange, un nez vert…Le tableau est expressionniste par les couleurs.

Dans le fauvisme, la perspective et le relief sont suggérés par la couleur. Il n’y a pas de nuances entre les couleurs intermédiaires.

Ils ont peint surtout des paysages et des nus.

Autre caractéristique : ils ont abandonnés la virgule et le petit point des impressionnistes et des pointillistes par des aplats de couleurs et des cernes autours des personnages.

Cette même expression par la couleur se trouvait chez les expressionnistes allemands, mais là tout est plus dur, plus anguleux (ils rêvent d’une autre société, ils critiquent, remodèlent). Chez Matisse peu d’œuvres témoignent des difficultés de la vie (il a pourtant vécu deux guerres mondiales et il ne montre jamais ses difficultés de sa vie privé)

Le mouvement se met autour de Matisse (né dans le Nord, à Cateau-Cambrésis), qui part à Paris en 1906, où il ouvre une école.                          En 1908, il sort un manifeste : « Notes d’un artiste sur la couleur pure »

La liseuse, 1895, h/b, 61 x 48, Musée National d’Art Moderne

Matisse avait une sérieuse formation académique. Ici nous voyons une peinture très 19° siècle avec des tons très sombres, très intimiste. Le cadrage est très classique et le personnage très réaliste. La liseuse est un thème très récurrent chez Matisse avec le tableau dans le tableau. Il a peint dans l’atelier de Gustave Moreau dans les années 1895. Il aimait Corot


luxe calme et

Luxe, calme et volupté, 1904-05, Paris, collection privée

 

 

 

 

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