19/04/2009

Van Gogh (14)

Une prédilection pour la vie paysanne


La première affinité entre l’œuvre de Millet et les aspirations de Van Gogh réside dans leur prédilection presque exclusive pour les sujets paysans. Bêcheurs harassés par le travail de la terre, semeurs emportés par un geste auguste, paysannes courbées sur des gerbes ou des fagots, mangeurs de pommes de terre... sont les héros des deux peintres. A Nuenen, Van Gogh continue à copier les œuvres de Millet, ou traque dans les gestes des paysans qu’il observe ceux que le peintre de Barbizon a observés quelques années auparavant.

Van Gogh ne se contente pas, par exemple, de copier les Deux bêcheurs. Il trouve à Nuenen des paysans qui reprennent la pose de ceux de Barbizon.

hiver-corbeaux-jean-francois-millet-19-1372-crop

Millet, L’hiver aux corbeaux, 1862, h/t, 60 x 73, Vienne

hiver corbeaux

L’hiver aux corbeaux (La charrue et la herse), 1890, h/t, 72 x 92, Amsterdam, Musée Van Gogh

 meridienne-jean-francois-millet-méridienne

Millet, La Sieste ou La Méridienne, 1866, crayon noir et pastel/papier, 29 x 42 cm, Boston

00 sieste

La sieste, 1889-90, h/t, 73 x91, Paris, Orsay

 

 

16:40 Écrit par Nic dans art | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Van Gogh (13)

Millet le père spirituel


Millet est le père Millet, c’est à dire le conseiller, le guide des jeunes peintres, en toute chose. Millet est, tout à la fois, le père et le maître de Van Gogh. Un père putatif pour ce fils qui a rompu avec son géniteur : dans ce vague de Millet, je vois plus de chose que dans ce que dit Pa. Millet est également un maître pour cet élève sans professeur qui acquiert seul, malgré les conseils un temps prodigués par le peintre Mauve, les rudiments de son art. Il est entré en peinture au moment où toutes les notions d’atelier, d’école et de maître, qui signifiaient encore quelque chose pour les premiers impressionnistes, ont volés en éclat. Le rôle joué par les maîtres, comme Couture et Gleyre pour Manet ou Monet, était vacant dans le cas de Van Gogh. L’exemple de Millet comble ce vide. La relation entre les deux peintres est alimentée par l’explosion des moyens de diffusion de l’art : musées qui s’ouvrent au public, publication de manuels, revues d’art et autres vies d’artistes, développement des galeries qui font circuler les œuvres et éditent des reproductions, relayées par les magazines illustrés.

1van-gogh-vincent-starlight-over-rhone-7900565

La nuit étoilée sur le Rhône, 1888-89, h/t, 72 x 92, Paris Orsay

La nuit étoilée, Cyprès et village, 1889, h/t, 73,7 x 92,1, MoMA, NY

751px-VanGogh-starry_night

Millet, La nuit étoilée, vers 1855-67, h/t, 65 x 81, New Haven

millet

16:13 Écrit par Nic dans art | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Van Gogh (12)

Semeur au soleil couchant, 1888, h/t, 64 x 80,5, Otterlo

sower

Semeur au coucher du soleil, 1888, 32 x 40, Amsterdam, Musée Van Gogh

saemann_at_sitting

16:03 Écrit par Nic dans art | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Van Gogh (11)

Millet-Van Gogh

Van Gogh avait toute sa vie vénéré un artiste: Jean-François Millet, l’auteur de la plus célèbre icône de la paysannerie française.

Celui qui avait obsédé Van Gogh, au point qu’il réalisa une vingtaine d’œuvres inspirées de la peinture du maître de Barbizon. Van Gogh, tout en gardant son style propre plus coloré, à l’encontre de celui de Millet, dont la palette restait plus subtilement monochrome, avait enrichi son art en “copiant” des images des gravures de “Travaux des champs” de Millet, à partir desquelles il cherchait à deviner la figure humaine.

Jean-François_Millet_(1814-1875),_De_zaaier,_1850,_Boston_Museum_of_Fine_Arts,_Boston

Millet, Un semeur, 1850, h/t, 102 x 83, Boston

 le semeur plum encre

Le semeur, 1881, plume et encre sur lavis d’encre et rehauts de vert et de blanc, 48 x 36, Amsterdam, Musée van Gogh




Interné à l’asile de Saint-Rémy de Provence, l’artiste ne pouvant travailler d’après nature, s’attachait à transposer à l’huile, grâce à une transcription fidèle, obsessionnelle de cet art qu’il considérait comme une activité quasi religieuse. Millet avait peint les gestes éternels du Semeur, de la Paysanne arrachant des pommes de terre, de la Méridienne,

Les premiers pas, Le moissonneur à la faucille...
Mû par une impétueuse nécessité d’ancrer son travail dans la réalité qu’avait si bien rendue Millet, Van Gogh, à son tour, transformant sa chambre de l’asile en atelier, rendait par touches violentes et une palette fougueuse, la matérialité des choses. C’est à cette époque qu’il écrit à Théo, son frère: “Je laboure comme un vrai possédé. J’ai une fureur sourde de travail plus que jamais. Et je crois que cela contribue à me guérir...”
Et la série des toiles reste marquée par la force concentrée des figures qui ne rendent compte de rien d’autre que de la réalité des différentes tâches paysannes...
L’un des soucis majeurs de Van Gogh sera de réussir à rester fidèle à la réalité, à maîtriser les nouvelles préoccupations religieuses qui accompagnent ses crises de démence...
Durant cette période, il apporte à son œuvre ce supplément d’âme et d’idées nécessaires à des chefs-d’œuvre.

15:59 Écrit par Nic dans art | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Van Gogh (10)

Auvers-sur-Oise

Il quitte l'hôpital pour se rendre à Auvers-sur-Oise où le Docteur Gachet, collectionneur, ami de nombreux peintres impressionnistes, a accepté de le prendre en charge et de le soigner. Il va travailler comme un forcené pendant deux mois, produisant plus de soixante-dix tableaux.  
Le 27 juillet 1890, dans le champ de blé qu'il a peint quelques jours avant, il se tire un coup de revolver. Il meurt deux jours plus tard dans les bras de son frère Théo, le laissant seul héritier de sa vie, de son œuvre. L'affinité indissoluble des deux frères s'étend au-delà de la mort. Deux mois à peine après la mort de Vincent, Théo sombre à son tour dans la démence pour ne plus en guérir. Désormais la personne de l'artiste Van Gogh était définitivement morte. Il appartenait à Jo, la veuve de Théo, de livrer l'œuvre au public. Elle y réussit au-delà de toute mesure
.

van_gogh_eglise_auvers

L’église d’Auvers, 1890, Paris, Orsay

van_gogh_cypres

La route aux cyprès, 1890, Otterlo, Kröller-Muller

van_gogh_jardin_docteur_gachet

Le jardin du Docteur Gachet, 1890, 73 x 52, Paris, Orsay


0

Champ de blé aux corbeaux, 1890, h/t, 50 x 103, Amsterdam, Musée Van Gogh

 

 

15:52 Écrit par Nic dans art | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Van Gogh (9)

Saint-Rémy-de-Provence

A la fin du mois de février, Van Gogh est interné. Pleinement conscient, il se voit enfermé ; on ne lui accorde ni livres, ni peinture, ni même sa pipe. En mai 1990, il entre de son plein gré à l'hôpital psychiatrique de Saint-Rémy-de-Provence. Dans l'atmosphère oppressante et mélancolique des vieux murs, le peintre se concentre entièrement sur son soi-même et les forces psychiques qui l'envoûtent. Elles agissent sur lui dans la mesure où il peut s'en rendre maître dans ses tableaux. Van Gogh contemple son univers intérieur, il ne connaît ni diversions, ni contacts humains et il a naturellement renoncé à ses anciens "poisons". Son assiduité au chevalet n'a sans doute jamais été aussi grande que pendant son séjour à Saint-Rémy. Van Gogh est devenu lui-même sa propre légende artistique. Il offre une nouvelle interprétation de l'unité de l'art et de la vie. L'artiste et l'homme ne se retrouvent que dans la folie, libérés des petits conflits quotidiens. Théo l'a immédiatement compris et formulé dans l'une des lettres : " Tes dernières toiles m'ont fortement donné à réfléchir à propos de ton état d'esprit au moment où tu les as faites. Il y a dans toutes une force de la couleur que tu n'avais encore jamais atteinte jusque là, … ; mais tu es encore allé plus loin, et s'il y a des peintres qui cherchent le symbole sur le chemin de l'altération de la forme par la violence, je trouve cela exprimé dans beaucoup de tes toiles … mais comme ta tête a du travailler, comme tu as osé aller jusqu'à l'extrême limite, là où l'on doit inévitablement être pris de vertige".  
Durant l'année de son internement, il peint cent cinquante toiles, parmi lesquelles on compte de nombreux chefs d'œuvre. 

arbres devant l'hospice st paul

Arbres devant l’hospice Saint-Paul, Saint-Rémy, octobre 1889, h/t, 90 x 73, Los Angeles

15:40 Écrit par Nic dans art | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Van Gogh (8)

Les alyscamps, 1888, Lausanne, col. privée

van_gogh_les_alyscamps

gauguin_alyscamps

Gauguin, Les alyscamps, 1888, Paris, Orsay

Autoportrait à l’oreille bandée, L’homme à la pipe, Arles, janvier 1889, 51 x 45, Chicago


Van+Gogh+Autoportrait+%C3%A0+l%27oreille+band%C3%A9e+1889


van_gogh_oreille_bandee_l

 

 

Autoportrait à l’oreille bandée, Arles, janvier 1889, h/t, 60 x 49, Londres

 

 

15:30 Écrit par Nic dans art | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |