19/04/2009

Van Gogh (7)

Son ami Gauguin le rejoint. Il peint Vincent en plein travail sur un des tableaux de la série Les Tournesols. En dépit de leur amitié, les disputes incessantes aboutissent, le 23 décembre à la crise de Vincent qui menace son ami avec un rasoir à main. Il finit par se trancher une oreille qu'il met dans une enveloppe avant de l'offrir à une prostituée.

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La maison jaune (la maison de Vincent),Arles, septembre 1888, h/t, 72 x 91,5,Amsterdam, Musée Van Gogh

Il est évident que l'arrivée de Gauguin à Arles a joué un rôle important dans l'effondrement psychologique de Van Gogh. Deux personnalités se sont heurtées et se sont livrées des combats très rudes. A travers Gauguin, son génie artistique est plus que remis en question.

Il œuvre jusqu'à l'anéantissement psychique et physique. Victime de délires paranoïaques, il est sujet à de violentes  crises. Une requête des habitants d'Arles parvient aux autorités, leur demandant d'interner Vincent parce qu'il constitue un "danger pour la communauté".  

 

Le séjour de Vincent Van Gogh dans le midi de la France est considéré comme la période créatrice la plus féconde de sa courte carrière. Durant ses mois d'internement à l'asile de Saint-Rémy-de-Provence, Van Gogh continue à planter son chevalet dans la campagne provençale. Le docteur Peyron lui octroie des sorties durant lesquelles le peintre, surveillé par des gardiens, donne libre cours à son génie. Il rompt alors avec ses débuts impressionnistes pour donner à ses œuvres une note plus personnelle, caractérisée par ce dessin souple et cette matière picturale très dense, aux couleurs saturées.  

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La chambre de Vincent à Arles, 1888, 72 x 90, h/t, Amsterdam

 

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Douze tournesols dans un vase, Arles, août 1888, h/t, 91 x 72, Munich, Neue Pinakotek


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Trois tournesols dans un vase, Arles, 1888, h/t, 73 x 58, col. privée, USA

Quatorze tournesols dans une vase, 1888, h/t, 93 x 73, Londres, National Gallery


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17/04/2009

Van Gogh (6)

Pêcheurs en fleurs, Arles, avril-mai, 1888, h/t, 80 x 60, Amsterdam, Musée Van Gogh

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Poirier en fleurs, Arles, 1888, h/t, 73 x 46, Amsterdam, Musée Van Gogh

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Le jardin de maraîchers ou La Moisson, 1888, h/t, 73 x 92, Amsterdam


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La vigne rouge à Montmajour, 1888, ancienne collection Anna Boch, Moscou, Musée Pouchkine 

C’est le seul tableau que Van Gogh a vendu de son vivant. A notre compatriote Anna Boch, la soeur d'Eugène.

 

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Van Gogh (5)

Le père Tanguy, 1887, 92 x 75, h/t, Paris, Musée Rodin

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Monet a raconté un jour :
Van Gogh a fait un admirable portrait du père Tanguy. Le père Tanguy était marchand de couleurs, rue des Martyrs. Sa boutique était tout à fait minuscule et sa vitrine si petite qu'on ne pouvait y montrer qu'un tableau à la fois. C'est là que nous avons commencé, chacun de nous, à exposer nos toiles. Le lundi, Sisley, le mardi, Renoir, le mercredi, Pissarro, moi le jeudi, le vendredi, Bazille, et le samedi Jongkind.

Le père Tanguy est peint de plein face, assis devant des estampes japonaises ayant appartenu à Vincent.

Arles (1888-89)

En février 1888, il part à Arles. En Provence, tout l'émerveille, le soleil, les vergers en fleurs, les belles arlésiennes. Il travaille beaucoup, avec l'aide financière de Théo, qui lui envoie des tubes de peintures et des toiles. Chaque matin, il quitte son logis, lourdement chargé et circule inlassablement dans la région, à la recherche de motifs et produit un chef d'œuvre après l'autre. " C'est l'émotion, la sincérité du sentiment naturel qui guide notre main, et lorsque cette émotion est parfois si forte que l'on travaille sans remarquer que l'on travaille, lorsque, quelquefois, les coups de pinceau viennent et s'enchaînent, comme les mots dans une conversation ou dans une lettre, il ne faut pas oublier qu'il n'en a pas toujours été ainsi et qu'à l'avenir aussi, il y aura beaucoup de jours décourageants sans la moindre inspiration." Ces phrases extraites de la lettre 504 semblent prophétiques vu l'effondrement qui se produira à la fin de cette année.  


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Van Gogh (4)

Paris (1886-87)

Il rejoint son frère Théo, employé à la galerie Goupil, dans un Paris en pleine effervescence artistique. Pendant deux ans, sa soif d'apprendre le conduit dans tous les musées et expositions. Là dans les années 1886 - 1887, il fréquente un moment l’académie du peintre Cormon, où il fait la connaissance de Henri de Toulouse-Lautrec, de Louis Anquetin et d’Émile Bernard. Il rencontre également, par l’intermédiaire de son frère, presque tous les impressionnistes, en particulier Georges Seurat et Camille Pissarro, ainsi que Paul Gauguin. Dans la boutique du Père Tanguy, il devient l'ami de Paul Signac. Sous l’influence des estampes japonaises, ses compositions acquièrent peu à peu davantage de liberté et d’aisance, tandis qu’il s’essaie à la technique de l’aplat coloré. Pissarro l’initie également aux théories nouvelles sur la lumière et au traitement divisionniste des tons. La palette de l'artiste s’enrichit alors de couleurs vives et sa touche s’anime et se fragmente, ceci grâce également à Signac avec qui il travaille en 1887.

Exalté par la ferveur du climat artistique parisien, van Gogh brûla les étapes de son renouvellement artistique grâce à la fréquentation des peintres les plus anticonformistes du moment: il s'essaya au néo-impressionnisme auprès de Signac et Pissarro, enquêta sur les profondeurs psychologiques du portrait avec son ami Toulouse-Lautrec, fut précocement informé de la synthèse du cloisonnisme par ses compagnons Anquetin et Emile Bernard, put apprécier les toiles exotiques réalisées par Gauguin en Martinique. Régénéré par ce bain dans les sources de la modernité, l'artiste hollandais était prêt à réaliser son rêve méditerranéen, à la recherche de la lumière aveuglante de la Provence, qui ferait resplendir les couleurs pures de la nature, étudiées jusque-là dans sa collection d'estampes japonaises. C'est une période très fertile où son art s'oriente vers l'impressionnisme mais l'absinthe et la fatigue aggravent son état mental.

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La femme au tambourin, 1887, h/t, 55,5 x 46,5, Amsterdam, Musée Van Gogh

 

Agostina Ségatori (Ancone, 1841-1910 ?), l’Italienne, etait un modèle professionnel qui avait posé entre autres pour Manet, Corot, Léon Gérôme, et sans doute Vincent Van Gogh

(au Café du Tambourin, musée Van Gogh Amsterdam).
Le portrait réalisé par Manet a été vendu par le marchand Portier à Alexandre Cassatt, le frère de Mary qui se trouve aujourd’hui dans une collection privée new-yorkaise.
Le tableau de Corot Portrait d’Agostina est daté de 1866, de son voyage en Italie. Nous avons beaucoup plus tôt, vers 1860, « la Femme au tambourin ».
Nous savons aujourd’hui, que Edouard Dantan a été le compagnon d’Agostina de 1872 à 1884, avec qui il a eu un fils non légitimé par le peintre. Il sera reconnu plus tard par un certain monsieur Morière qui a peut-être été le mari de la belle italienne. Maxime Lisbonne, « Le d’Artagnan de la Commune », publie cette annonce dans son journal La Gazette du Bagne :
Au Tambourin. Rien des auberges dont la nudité et le délabrement des murs fait la pauvre originalité. (...) C’est en effet madame Ségatori, propriétaire du Tambourin qui a réuni, placé avec un sentiment artistique, les œuvres des maîtres qui ont transformé son établissement en une des plus intéressantes galeries de

 

tableaux qui se puisse.Pour ajouter à l’attrait de son établissement, la directrice s’est adjointe les plus charmantes collaboratrices qui se puissent voire, fraîches fleurs écloses au soleil d’Italie et épanouies dans le rayonnement chaud de notre capitale

 

16:26 Écrit par Nic dans art | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Van Gogh (3)

Les mangeurs de pommes de terre, avril 1885, h/t, 81 x 114, Amsterdam, Musée Van Gogh

 

Cette peinture est conservée au Musée van Gogh à Amsterdam après avoir été confiée à Théo pour une éventuelle vente, elle fait partie de l'exposition permanente.

 

Un véritable chef-d'œuvre de naturalisme! À cette époque, au moment où paraît Germinal, Zola était critique d'art et Joris-Karl Huysmans se rêvait d'être peintre.

Van Gogh a fait de longues études préliminaires à la réalisation de cette œuvre. Il a cherché systématiquement à renouveler la composition et l'expression (une étude montre seulement 4 personnages autour de la table). Vincent van Gogh n'a rien mis sur le papier mais a gardé de mémoire toutes les informations avant de commencer l'œuvre.

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15/04/2009

Van Gogh (2)

Au fil de son œuvre, Van Gogh aborde les différents styles et techniques de son époque. Il commence par le réalisme de Millet et les tons sourds de sa terre natale pour se rapprocher peu à peu de tons clairs des impressionnistes en tentant de percer le secret de la lumière, des atmosphères, de cette heureuse collaboration de l'œil et du pinceau qui transpose sur la toile les sensations visuelles.  Dans le même temps, il essaie de se plier à la discipline scientifique des pointillistes. Poussant toujours plus loin ses recherches, par exemple en posant la couleur directement à partir du tube ou en peignant la nuit, Vincent trouve peu à peu son style, fait de force et de rapidité d'exécution. 

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Millet, Les glaneuses, 1857, 83 x 111 cm, Paris, Orsay


 

Van Gogh avait une admiration sans borne pour l’œuvre de Millet. Tout le temps, à travers sa vie, il s’inspira de ses tableaux.

Paysanne près de l’âtre, vers 1885, h/t, 29 x 40, Paris, Orsay


Cette œuvre, exécutée par Van Gogh à la fin de la période de Nuenen en Hollande (1883-1885), fait partie d'un ensemble d'études préparatoires pour la grande et célèbre composition des Mangeurs de pommes de terre.
Au cours des mois précédents, Vincent écrit à plusieurs reprises à son frère Théo en lui faisant part de ses études en cours (figures de paysans, de paysannes, têtes).
Dans ces peintures sombres et lourdement empâtées, Van Gogh s'attache à rendre des effets d'éclairage avec des modèles vus à contre-jour devant une fenêtre, ou placés près d'une lampe ou, comme ici, près du foyer pour accentuer le contraste entre l'ombre et la lumière.


En mars 1885, le peintre précise à Théo : "je ne puis encore montrer un seul tableau. Mais, des études, j'en fais... D'ailleurs, il est difficile de dire où finit ce qu'on appelle une étude et où commence ce qu'on appelle le tableau...". Cette Paysanne près de l'âtre, que la correspondance du peintre nous permet de dater de mars-mai 1885, montre une femme de profil occupée à éplucher des pommes de terre. Elle constitue l'un des rares témoignages des débuts de l'artiste au sein des collections nationales françaises.

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12/04/2009

Van Gogh

 

Van Gogh naît en 1853 dans un petit village du Brabant hollandais, Groot-Zundert. L'un de ses oncles étant associé à la plus grande entreprise de ventes de tableaux sur le marché international, la Goupil & Cie, il est engagé comme employé à la galerie de la Haye, puis trois ans plus tard, il travaille pour celle de Londres et enfin celle de Paris. Il a pu être ainsi, en six ans en contact avec l'art des plus grands maîtres. Son manque d'intérêt pour le commerce et l'absence du sens des affaires entraîne son licenciement. Il accepte ensuite des petits métiers dans la banlieue de Londres lui permettant de laisser libre cours à son prosélytisme.  
Il revient chez ses parents au début de 1876. Peu à peu, l'idée d'une vocation spirituelle, comme celle de ses ancêtres, prend forme dans son esprit, et son père Theodorus Van Gogh devient son grand modèle. Au printemps 1877, Vincent se rend à Amsterdam pour se préparer aux études de théologie. Il se plonge dans les études des langues mortes, des cours de mathématiques, essayant de combler toutes les lacunes causées par ces années d'errance. Mais Vincent interrompt ses préparations et ne se présente même pas au concours d'entrée. Son incapacité à se fixer quelque part et son agitation perpétuelle ne faisaient qu'empirer. Finalement, le conseil de famille décide que Vincent devait essayer de devenir prédicateur laïque. Il obtient ainsi en 1879 une mission évangéliste dans le bassin minier du Borinage, en Belgique. Le contact avec la misère humaine le métamorphose, un esprit éclairé, sans illusions, s'annonce et en lui naît l'idée d'exalter la condition des plus humbles à travers une création artistique. Après plusieurs mois de silence, Van Gogh reprend contact avec son frère. En juillet 1880, il lui envoie du Borinage une lettre qui marque le début d'une série d'auto-analyses lucides. Il se distancie de plus en plus de ses activités au service des autres.  
En comprenant les messages de la foi de façon plus abstraite, en les élevant au niveau de conceptions générales du monde, un nouvel accès à l'art s'ouvrait à lui. Le terme clé de son naturel artistique apparaît dans le terme "mélancolie active". En se consacrant à la peinture, Van Gogh ne désirait pas seulement agir pour les hommes mais voulait que son intervention soit reconnue. Car jusqu'alors, il était un " inactif contre son gré ; un tel homme ne sait parfois pas lui-même ce qu'il serait capable de faire, mais il le sent d'instinct : je suis tout de même bon à quelque chose, je peux justifier mon existence !". 
En octobre 1880, Van Gogh se rend à Bruxelles pour entamer une formation artistique assez désordonnée. Il reprend rapidement des études autodidactes remplaçant ainsi la formation académique. Il  s'entraîne tout d'abord en copiant divers peintres puis il se lance dans la production de nombreux dessins et peintures décrivant des scènes de la vie paysannes, comme les Mangeurs de pommes de terre ( Avril-Mai 1885, huile sur toile, 81,5x114,5 cm, Amsterdam, Musée Van Gogh ).  

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Hollande (1881-1885)

Tête de paysanne coiffée d’un bonnet blanc, 1885, h/t, 47 x 35, Pasadena 

Une des nombreuses têtes de paysanne avec des coiffes blanches, rouges ou sombres qu’il fit dans cette période. 

L'ensemble de ses œuvres de cette période aboutit aux Mangeurs de pommes de terre, œuvre majeure qui va révéler sa sensibilité inquiète et véhémente. La série des visages de paysans, environ une cinquantaine, qui occupera van Gogh de décembre 1884 jusqu'à l'achèvement des Mangeurs de pommes de terre d'Amsterdam au mois de mai suivant, constitue une sorte d'exercice préliminaire à cette dernière peinture.

 

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